patrologiaorient15pariuoft_bw.pdf
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iii^MK-^Wiii^}::t:fiivJi% PATROLOGIA OHIENTALIS TOMUS DEGIMUS QUINTUS -^ r R. GRAFFIN — F. NAU PATROLOGIA ORIENTALIS TOMUS DECIMUS QUINTUS I. — S. E. M'-- LOUIS PETIT. DOCUMENTS RELATIFS AU CoXCILE DE FlORENCE. — I. La QUESTION DU PUBGATOIRE A FeRRARE. II. - G. BARDY. Les trophees de Damas. III. — G. BAYAN. Le Synaxaire ARMENIEN DE Ter Israel. (III. Mois de SaJtmi). IV. - M. BRi:&RE. Philoxene de Mabboug. De uno e Sancta Trinitate INCORPORATO ET PASSO. [Dissertcitions I et II). V. — S. GREBAUT. Le Synaxaire Ethiopien (IV. Mols de Tahscliascli). PARIS FIRMIN-DIDOT ET C'S IMPHIMEURS-EDITEURS LIBRAIRIE DE PARIS, 56, RUE JACOB 1Ü27 DOCUMENTS RELATIFS AU CONCILE DE FLOUENCE LA QUESTION DU PURGATOIKE Ä FERRARE DOCUMENTS I-VI TEXTES EDITliS ET TRADUITS S. E. M^-^ Louis PETIT ARCHEVEVÜE LATIN D'ATHENES PATR. OR. — T. XV. — F. 1. ^ BENEDICTOXV-PONT-MAX- QVI-PROMISSIS- FRETVS QVIBVS-CHRISTVS-PETRO-APOSTOLORVM-PRINCIPI PERPETVAM • SPOPON DIT • DE • INFERIS • VICTORIAM IN -TANTA- INGENIORVM- VERSVTIA IN • TANTA RERVM PERTVRBATIONE VNIVERSAM • REM CHRISTIANAM AEQVO •DVM REGIT IMPERIO IN-OMNES-BENIGNVS LONGE •TAMEN IN CALAMITOSOS PROPENSIOR lACENTIS- ORIENTIS SALVTI •CONSVLTVRVS AD • RES ORIENTALIVM •TRACTANDAS NOVVM • PATRVM • PVRPVRATORVM •COLLEGIVM AD • DISCIPLINAS • ARTESQUE •ORIENTALIVM IN •VRBE • PROVEHENDAS NOVVM -GYMNASIVM DATIS-AEDIBVS-SELECTIS- VNDIQVE -VIRIS INSTITVENDVM-ORDINANDVMQVE-CVRAVIT HAEC •ACCVRATE •COLLECTA SACROSANCTAE SYNODI • FLORENTINAE IN -QVA-TVM-GRAECI-TVM-LATINI VTI •VNVM -IN-MVNDO-DEVM VTI -SOLEM -VNVM- IN-CAELO ITA-VNAM • PRONVNTIARVNT- IN • TERRIS- ESSE SVB-ROMANO-PONTIFICE- ECCLESIAM MONVMENTA- DEDICAMVS IN- PONTIFICEM-SANCTISS-MAX- IN-PATREM-OPT- FIDEI -CONSTANTIAE-OBSEQVII - PIETmTIS DOCVMENTVM Nihil obstat, R. GRAFFIN. PERMIS D'IMPRIMER Paris, le 25 juin 1920. H. ODELIN, INTRODUCTION Tout ouvrage, au dire de Pindare, ne devrait s'ouvrir que par un brillant frontispice : 'Ap^Of^evou ^' epyou, Tvpo'ctoTCov y^rh 6e[xev -r,ly.u'^'i;' . 11 faudrait donc presenter ici, en quelques pages soignees, les origines du conflit religieux qui divise, depuis taut de siecles, TOrient et l'Occident, en rappeler les pliases principales, et fmir par une dissertation en regle sur le concilc de Florence, qui devait clore ce grand debat. Teile n'est pour- tant pas ma pretention. Le concile de Florence, il est vrai, attend encore son histörien; toute- fois, ce n'est point par des tableaux savamment disposes, mais bien par le depouillement souvent ingrat des documents que procedc Thistorien de nos jours, et l'assemblee de 1431) presente encore, dans ses proces-verbaux, trop de lacunes, pour que l'on puisse songer ä en reprodulre la physionomie avec une entiere fidelite. Et quand je parle de proces-verbaux, c'est par euphemisme. On sait, helas! que ces precieux documents n existent plus, ou du moins qu'ils n'ont pas encore ete retrouves, par une de ces fatalites dont il serait dilTicile de citer beaucoup d'exemples pour des evenements aussi recents. Aussi voudra-t-on, je l'espere du moins, faire bon accueil aux documents reunis ici pour la premiere i'ois. Ils sont, pour les debats qui ont eu lieu a Ferrare, dune importance capitale, et pourtant on les avait jusqu'ici laisses dans l'ombre. Le Quien, ä qui bien peu de choses ont echappö, les avait examines de pres, et il en donne, dans sa cinquieme Dis.scrtatio Dainasceniea^, une analyse succincte, mais fidele. Et c'est par Tintermediaire de Le Quien, nuUement par la connaissance directe des textes, que les bistoriens du dogme y ont fait allusion. II y a mieux ä faire, on en conviendra, que de reproduire indefiniment les meraes aflirmations, surtdut quand il s'agit de documents qui, loin d'etre perdus, nous ont ete au contraire conserves dans un grand nombre de manuscrits. Que l'on me permette de les replacer, tout d'abord, dans leur milieu historique. Apres de multiples et laborieuses negociations, oü ks öveques dissidents de Bäle et le pape Eugene IV avaient, pour ainsi dire, lutte de vitesse et d'offres seduisantes, les Grecs, conduits par l'empereur Jean Paleologue et 1. Olymp. VI, 4-5. — 2. Mione, J>. G-, t. 94, cc. 353-359. 6 INTRODUCTION. [6] le patriarclie Josepli, etaieiit arrives ä Venise, le 8 fövrier 1438. A cette (late, le concile general se trouvait dejä ouvert, depuis le 8 janvier, ä Fer- rare, au grand desappointement des Peres de Bäle, ce qui faisait ecrire ä Tun d'eux, Jilneas Sylvius, le futur Pie II, cette phrasc pleine d'une douce Ironie : « Risit Oriens Latinorum insaniam, qui sibi ipsi dissentientes, aliorum unionom perquirorcnt ». Salues, au nom d'Eugene IV, d'abord par Ic o-rand cardiiial Nicolas Albergati, puis par le non moins fameux Julien Cesarini, les prelats orientaux hesiterent quelque temps sur le parti ä prendrc. Oii valait-il mieux se rendre? ä Ferrare ou ä Bäle? Le doge, lui, leur conseillait d'attendre ä Venise l'arrivee des ambassadeurs de Bäle et des representants des princes. Finalement les legats du Pape eurent gain de cause; au ])Out de vingt jours d'actifs pourparlers, l'empereur, suivi d'un pompeux cortege, se dirigea sur Ferrare, oii il fit, le 4 mars, son entree solen- nelle, accueilli avec munificence par Eugene IV. Quatre jours plus tard, le 8 mars, le patriarche arriva k son tour, escorte jusqu'aupres du Pape par quatre cardinaux, vingt-cinq evöques et le gouverneur de la ville. Le protocole de l'une et de l'aulre reception avait donne lieu k d'assez vifs debats, qui se renouvelerent avec non moius d'acuite ä roccasion de la premiere seaace solennclle du concile, le mardi saint, 9 avril, dans la catbedrale de Ferrare, dediee ä San Giorgio. Mais on avait fini, malgre toiil, par s'entendre. Le 13 avril, uiie fois les fetes pascales terminees, le Pape invita les eveques grecs ä aborder, cii reunions priveos, rcxamea des diverses ques- tions dogmatiqucs sur IcsqucUes il y avait divergence entre les deux Eglises. Les Grecs auraicnt bicn voulu, ici encore, ne rien l'aire avant l'arrivee saus ccsse annoncee, et toujours ajouruee, dos Peres de BAle. Apres quelques hesitations, on se mit pourtant ä l'oeuvre. Dix prelats de chaque parti, avec leurs secretaires respcctifs, au uombrc de deux, devaient se reunir, deux fois par semaine, dans l'eglise San-Francesco, pour y discuter ensemble sur les points controverses'. Ce furent, du cöte des Grecs, les metropolites d'Epliese, de Nicee, de iMouembasie, de Lacedemone, d'Ancliialo, et cinq autres, dont le siöge n'est pas indique. Par ordre de l'empereur, les deux Premiers, k savoir Marc d'Epliese et Bessarinu de Nicee, devaient seuls prendrc la parole en public. A la tete des Latins se trouvaient les cardinaux Julien Cesarini et Nicolas Albergati, l'arclieveque de Rhodes Andre, et le savant dominicain cspagnol Jean de Torquemada. Apres un echange de compliments, les delegues aborderenl, dans la troisieme seance, les ques- lions k döbattrc. Julien Cesarini les avait ramcnees ä quatre : la Procession 1. [Üorolhee de Mitylene] 'II «y'« '^'" oixou|A£vtxri iv ctXwpEvti'a ouvooo? (Rome, 1577j, p. 9; 1 2' c'flition, 'Rome, l.SG'i), p. 14; Sylvestre Syropoulos, Vera historia unionis non verae \ inter (jraecos et Latinos (Hagae-Clomilis= Haag-, 1660), p. 115. i 4 r IXTRODUCTIOX. 7 Ju Saint-Esprit, les Azymes, le Purgatoire, et la Primaute romaiao. A la ilemaude des Grecs, la premiere de ces questions fut remise ä plus tard, jusqu'ä Tepoque oü le concile, par Tarrivee des Peres de Bäle et dos re- presentants des princes, presenterait iin aspect plus imposant. Sur les trois uutres, ils s'engagerent ä repondre, dans le plus bref delai, apres entente uvec l'empereur. Celui-ci leur conseilla de choisir, pour commencer, l'une lies dcux dernieres questions. Les Latins ne firent aucune objection, et c'est ainsi que, du consentement des deux parties, la question du Purga- i.oire fut la premiere ä venir en deliberation. A la cinquieme reunion, qui eut Heu le 5 juin, .hilien Cesarini exposa la (loctrine catholique touchant le Purgatoire. Apres Tavoir resumee en une courte formule, empruntee d'ailleurs au concile de Lyon et qui devait encore etre inseree teile quelle dans le decret de Florence, le cardinal apportait ä Tappui un certain nonibre de textes empruntes au second livre des Ma- chabees, ä Tevangile de saint Matthieu, et surtout au chapitre iir de la premiere Epitre aux Corinthiens. Venaient ensuite quelques temoignagcs patristiques, fournis, du cöte de TOrient, par S. Basile, S. Epiphane, S. Jean Damascene, S. Denvs l'Areopagite, Theodoret, S. Gregoire de Nysse, et, pour les Occidentaux. par S. Augustin, S. Ambroiso, S. Gregoire le Grand. A ces arguments d'autorite s'ajoutait, pour finir, une preuve de raison. Cet expose ayant ete remis par ecrit aux Grecs', leurs deux Champions, Marc et Bessarion, y firent chacun une reponse particuliere, qui fut ensuite fondue en une seule et remise aux Latins des le 14 du meme mois de juin 1438. Ce sont precisement ces repouses des Orientaux qui fönt Tobjet principal de la presente publication. II Importe, des lors, d'en examiner avec soin, sincm le contenu desormais accessible ä tous, du moins Torigine et Fauthenticite. Le travail personnel de Tereque d'Ephese ne saurait 6tre mis en doute. II suflit, pour trancher la question, d'en appeler au temoignage des mauus- crits fort nombreux, qui nous ont conserve, sous le nom de Marc, trois discours sur le Purgatoire, prononces ä Ferrare, en presence des cardinaux et des theologiens latins : et comme ces discours, quand ils sont reproduits in extenso, se suivent toujours dans un ordre constant, cet ordre est evi- demment commande par la succcssion chronologique. L'examen intrinseque 1. 11 a ete insere, mais avec de graves lacunes, par Andre de Santa-Croce dans sa CoUatio XXII, c'est-ä-dire ä une place oü Ton n'irait pas le chercher; aussi a-t-il echappe ä beaucoup d'historiens. Comme il a naturellement servi de cadre aux repouses des Grecs et qu'il est fort court. j'ai cru bieii faire de le republier ici, sous le n° I, avec de notables ameliorationsqueladecouverte du texte grec, restejusqu'ici inconnu. m'aper- mis d'apporter ä ledition de Giusliniani, Acta conc Flurentini, I'ome, 1638, p. 285-2S8. ! S INTRODUCTION. [8] coniluit du resto aux menies conclusioiis. Ou n'a qu'ä les relire pour s'aper- cevoir qu'ils constitueut comme aiitant de repliques successives aux th^ses latines. Le prcmicr morceau, d'un caractere plus general, debute pröcise- ment par la forniulo presentee par Cesarini. Dans le second discours, on voit la discussion se resserrer autour de certains textes plus embarrassants, pour finir, avec le troisieme morceau, sur des points de detail. Les discours de Marc d'Ephcse ont survecu dans leur iutegrite, et il ne sera qua juste de leur donner desormais Fhospitalite dans les collections conciliaires. En est-il de meme de l'ceuvre de Bessarion, ou tout au moins de cette reponse collective des deux prelats remise aux Latins le 14 juin' 1438? A cette question, (|ui ne parait pas avoir ete jamais discutee, il con- vient de rcpondre aussi par raflirmative. Mais corame on semble avoir ,i pris ä tächc de rembrouiller, il est necessaire de commoncer par devidcr -j l'cchcveau avaut de presenter une conclusion qui soit absolumcnt liors de .j toulc conteste. i Marlin Crusius signale, dans sa Turro-Graecia'-, un opusculc qu'il decrit ' cn ces termes : « R(\spoiisii) Cratronim ad posilioncm Latinorum, opinionem -^ if/nis pur(jat(irii funilaiitiiun et juvhaiitium, quae Iccta et data fuit reverendissimis j et reverendis Patiibus et dominis deputatis die sabbati 13 mensis^ iunii M38, in ) sacristia Fvainun Miiiorum, Basileae, praesentata Nieolao Cusano ». Si Ton j supprime, ou plutöt si Ton rcctifie les derniers mots de ce titre, on se trouve 2 evidemment en preseuce de la reponse collective de Marc et de Bessarion. \ Que ce document ait ete plus tard remis a Bäle au cardinal Nicolas de Cusa, • la choso n'est poiut impossible; mais que cette remise ait ete ellectuee par , les prelats grecs venus au concile, voilä qui depasse toute vraisemblance. j En juin l^^S, les Grecs ne se trouvaient sürement pas ä Bäle, oi'i ils ne se ] sonl du restc jamais rendus, et Ton n'a pas connaissance, par ailleurs, - que la question du Purgatoire ait ete, je ne dis pas debattue avec les Orien- . taux, mais simplement posee au concile de Bäle. Cliose non moins digne ^ de remarquc, c'est ä des prelats delegues, Patribus et dominis deputatis, que : les Grecs ont remis leur reponse. Des delegucs de ce genre avaient bien ete, ou l'a vu, desigues ä Ferrare; ils n'ont pu l'etre
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